Le paysan, son fils et le cheval

Si vous vous sentez mal, découragé, déprimé, si vous avez le sentiment que rien ne vous réussit en ce moment, si tout vous paraît lourd et difficile, pensez à la dernière fois où vous étiez bien. Pensez à la dernière fois où tout était fluide, tout vous réussissait. Vous preniez la vie comme un cadeau. Pensez à cette période précise. Partant de là, remontez dans le temps et arrêtez-vous au premier événement que vous jugez négatif. Prenez conscience que sans cet événement soit disant négatif, la période faste que vous avez connue quelques jours, quelques mois ou quelques années plus tard n’aurait jamais eu lieu.

« Le bonheur ne m’ennuie jamais. » Henry de Montherlant (1895-1972), écrivain.

Le paysan, son fils et le cheval

Il était une fois un vieux paysan qui vivait seul avec son fils et un cheval. Tous les jours, du lever au coucher du soleil, le vieux paysan et son fils travaillaient aux champs. Comme son père et comme le père de son père, saison après saison, le vieux paysan, avec l’aide de son fils, guidait le cheval pour le labourage, conduisait le cheval pour la récolte. Une fois par semaine, ensemble ils chargeaient la carriole et, tirés par le cheval, se rendaient au marché à plusieurs kilomètres de chez eux pour vendre leurs produits.

La disparition

Un jour le cheval disparut brusquement. Le vieux paysan et son fils durent se rendre au marché à pied, portant eux-mêmes les fruits et légumes sur leurs dos. Les autres marchands les voyant arriver de la sorte s’enquérir immédiatement de la situation. Mis au fait, l’un après l’autre, ils ne firent que plaindre le vieux paysan, certains avec une sincère compassion, d’autres avec une satisfaction inavouée : « Quel malheur ! C’est terrible ce qui t’arrive ! Comment vas-tu faire ? ». A chacun, le vieux paysan répondait avec calme : « Malheur ou bonheur, qui peut savoir ? ».

Le retour

A quelque temps de là, le cheval revint enfin à la ferme. Mais que vit le vieux paysan à sa suite ? Des dizaines de chevaux sauvages, magnifiques, jeunes et plein d’énergie. Lui et son fils construisirent à la hâte un enclos pour garder les bêtes. Ayant appris la nouvelle, chacun des villageois que croisait le vieux paysan lui disait à peu près la même chose : « Tous ces chevaux ! Quelle bénédiction ! Quel bonheur pour toi ! Tu es riche maintenant ! ». Et le vieux, avec une patiente équanimité, répondait invariablement : « Bonheur ou malheur, qui peut savoir ? ».

Le dressage

De son côté, le fils avait entrepris de dresser les chevaux. Chaque jour, alternant avec les travaux des champs, il montait un ou plusieurs chevaux. Mais un jour, un cheval plus coriace que les autres le désarçonna violemment. La chute fut brutale et le verdict sans appel : fracture de la jambe. Bien sûr, la nouvelle fit très vite le tour du village ; et les commentaires allèrent bon train. Chacun y allait de son témoignage de compassion. Certains vinrent même au chevet du malade. En ressortant de la maison, les visiteurs avaient les même mots : « Quel malheur ! Plus personne pour t’aider, avec tout le travail que tu as à faire. ». Que croyez-vous que le vieil homme répondait ? « Malheur ou bonheur, qui peut savoir ? » étaient les mots qu’il répétait inlassablement, imperturbable.

Bonheur ou malheur ?

Dans les jours qui suivirent, sans que personne ne s’y attende dans le royaume, et tandis que le fils était toujours alité, le roi déclara la guerre à son voisin. Il mobilisa immédiatement toute son armée. Simultanément, il envoya dans toutes les campagnes des officiers recruteurs chargés d’enrôler de force tous les hommes jeunes et valides. Ainsi à peine deux jours après la déclaration de guerre, tous les hommes du village en âge de combattre furent réquisitionnés en quelques heures. Tous, sauf le fils du vieux paysan. Ce jour-là personne ne fit de commentaires au vieux paysan. Chacun avait dans sa famille au moins un homme mobilisé. Tous étaient partagés entre la fierté d’avoir un homme à la guerre, la tristesse de son départ et la peur de sa mort. Bonheur ou malheur, qui peut savoir ?

Il n’y a que des opportunités d’évolution

Il n’y a, en réalité, pas de situations négatives ou positives. Il n’y a que des challenges, des opportunités d’évolution, des défis excitants. Certaines situations sont délicates, d’autres sont plaisantes. Mais toutes sont fructueuses à plus ou moins long terme. Pensez-y chaque fois que vous vous sentez mal. Soyez présent à la situation au lieu de vous lamenter, de culpabiliser ou d’accuser. Soyez attentif à la façon dont les événements s’articulent. Observez les signes d’évolution. Saisissez les opportunités. Et gardez l’espoir que tout s’arrangera à un moment ou à un autre pour le meilleur. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’espoir mais de certitude. Si c’est vraiment ce que vous souhaitez.

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